Antananarivo, le 23 décembre 2020

Avec ses 5000 kilomètres de côtes, Madagascar est reconnu mondialement pour ses richesses en biodiversité et dont les ressources marines et côtières tiennent une place importante. 

Dans une optique de gestion plus responsable de ces ressources par et avec les communautés locales, le concept LMMA (Lamina enti-Mitantana ny Morontsiraka sy An-dranomasina) s’est développé dans le pays.

Le concept LMMA (de l’anglais Locally-Managed Marine Areas, ou Aires Marines Gérées Localement en français) a été mis en place à Madagascar depuis 2006. Et dès 2012, les LMMA sont regroupées au sein du réseau MIHARI (MItantana HArena an-dRanomasina avy eny Ifotony). Ce concept engage les communautés locales dans la gestion des ressources halieutiques et marines et ainsi permet d’adapter les différentes approches suivant les contextes locaux. 

Aujourd’hui, il est estimé que plus de 17.000 km2 de Madagascar sont sous la gestion des LMMA avec 219 LMMA recensés. Bien que les communautés LMMA soient déjà reconnues pour leur contribution dans la gestion locale des ressources marines, il n’existe pas encore de cadre légal clair qui régit ces LMMA. Depuis 2015, le réseau MIHARI a donc entamé diverses activités de plaidoyer afin d’assurer que l’approche LMMA soit reconnue légalement à Madagascar. 

Du 18 au 21 décembre 2020, MIHARI a convié des représentants issus de différentes institutions et principaux acteurs dans la gestion des ressources marines et côtières à des visites sur terrain dans la région Diana : le Ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche ; le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable ; le Ministère de l’Aménagement du Territoire et des Travaux Publics ; et le Projet GEF-6 AMP. Ces sites sont l’Aire Marine Protégée Nosy Hara à Ampasindava et le site d’Ambolombozokely.  

Ces deux sites visités ont montré les succès et les défis du monde de la gestion locale des aires marines, à travers le concept LMMA. Les échanges entre les communautés locales et les représentants des institutions ont mis en évidence les réalisations et les efforts communs qui restent encore à déployer : le renforcement de l’engagement des communautés locales, l’harmonisation des interventions sur terrain, et surtout la sécurisation du concept LMMA.

L’émergence du concept LMMA est d’une pertinence favorable vers l’atteinte de plusieurs engagements de l’État tels que l’Objectif d’Aichi n°11 ” ; la “ Promesse de Sydney ” pour le triplement des aires marines protégées ; l‘Objectif de Développement Durable n°14 pour la conservation et l’exploitation de manière durable des océans, des mers et des ressources marines aux fins du développement durable ; et la “ Politique de l’Initiative pour l’Émergence de Madagascar ” pour assurer la durabilité des ressources marines et côtières pour les générations futures.

“ Pour le cas de mise en place des aires marines, des lois existent déjà. Pour le domaine de la pêche nous donnons déjà une plus grande importance aux pêcheurs dans la gestion des ressources dans leurs localités. Il reste encore à clarifier le cadre juridique qui permettra de mieux les gérer. L’Etat a déjà mis en place les transferts de gestion mais dans les communautés locales, certaines formes de gestion LMMA n’entrent pas dans les catégories déjà existantes. Des dialogues sont à entreprendre avec les ministères concernés surtout pour le volet juridique et définir des catégories adéquates aux LMMAs. Cela afin de s’aligner aux lois en vigueur en termes d’aires protégées et de gestion de pêcheries. ” affirme le Directeur Général de la Pêche et de l’Aquaculture, M. Bemanaja Etienne.

Suite à cette visite de sites, des prochaines étapes ont été identifiées ensemble par l’ensemble des acteurs.

Ainsi, pour capitaliser les efforts dans le processus de reconnaissance, des séances de travail sont prévues en janvier 2021 afin de consolider toutes les informations relatives à la gestion locale des ressources marines et halieutiques. De même, une analyse des lacunes juridique est aussi prévue pour les sites gérés localement. Cette analyse est appuyée par le projet GEF-6 et va contribuer en partie à l’identification d’un cadre juridique adéquat pour les LMMA.

Dans ce processus, il est important de capitaliser tous les mécanismes de gouvernance existants pour que les différentes approches soient bien considérées dans l’identification d’un cadre légal approprié aux LMMA et qui permet de sécuriser juridiquement les interventions des communautés locales dans la gestion des ressources marines et halieutiques.

Cette visite de site organisée par MIHARI avec le concours des organisations d’appui et de promotion des LMMA s’inscrit dans un effort permanent pour l’assurance d’un meilleur avenir pour les communautés locales et des ressources marines et côtières bien gérées.

Ensemble pour des communautés LMMA fortes !

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